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INTERVIEW |
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Que signifie StuBorA, et pourquoi
ce choix ?
Lorsque nous avons planché sur un nom pour le groupe nous
avions trouvé Stubborn (Entêté). Mais nous
ne voulions pas avoir une signification dans notre nom pour ne
pas donner telle ou telle image de nous. Nous avons donc tout
simplement simplifié le mot stubborn en StuBorA.
Pouvez-vous vous présenter
?
Nous sommes trois, Max à la batterie, Christophe à
la basse et moi à la guitare et au chant.
5 ans séparent la sortie
de votre 1er album (Oropa'A) avec "What we see is not what
we wanna see" votre nouvel album. Pourquoi tout ce temps
?
Nous avons tout d'abord perdu un guitariste quelques temps après
la sortie de notre premier album, ce qui nous a mis dans une mauvaise
position pour assurer la promotion de cet album. Nous en avons
donc profité pour faire le point et se fixer de nouveaux
objectifs, à savoir sortir un deuxième album dans
de bonnes conditions avec des personnes qui pourraient nous soutenir
et nous aider dans ce projet. Nous avons mis environ 3 ans à
préparer cet album et à trouver les bons contacts
afin de le sortir dans de bonnes conditions.
Quelle est votre méthode
de composition ?
Nous faisons beaucoup de Jam lors de nos répétitions,
de ces Jams nous en tirons des riffs qui sont généralement
les riffs principaux de nos titres. Ensuite nous le jouons jusqu'à
ce que tout se mette en place et que nous arrivions à un
morceau complet. De temps à autre, l'un d'entre nous peut
amener un riff en particulier et nous jammons avec pour aboutir
à un titre. Chaque titre est alors arrangé et une
fois maîtrisé, si nous sentons une bonne vibration
sur ce titre nous le gardons, sinon nous le jetons ;o) Nous avons
pris l'habitude de jeter environ 80% des titres que nous composons
et de garder ce qui correspond réellement à chaque
membre du groupe.
De quoi parlent les textes de l'album
?
Je suis le seul à écrire les textes. J'y exprime
tout ce que je ressens sur la vie moderne, ce que je peux voir
ou entendre, ou tout simplement mon état d'esprit. Les
sujets que j'aborde dans les titres de notre nouvel album sont
des sujets généraux comme la tolérance, la
haine, les différences sociales ou traitant de certains
sujets plus précis comme la mort de Bruno Manser, mort
au Sarawak après avoir défendu les tribus locales.
Pour moi, chaque texte a pour but de partager une idée,
un état d'esprit. C'est un peu notre côté
HardCore qui passe dans cette volonté de partager des idées.
Tous ces textes formaient une idée générale
qui a donc donné le titre de l'album: "what we see
is not what we wanna see".
Que représente la pochette
de l'album ?
Pour le premier album, un graphiste nous avait composé
une pochette avec une mouche reprenant l'idée de l'entêtement
(Stubborn). Nous voulions toujours travailler dans cette idée
mais en lui donnant une image différente et qui puisse
répondre au titre de l'album. Nous avons donc focalisé
l'image de l'album sur les yeux de la mouche qui répondaient
à ces deux thèmes. Lorsque tu ouvres le boîtier
et que tu prends le CD (là encore nous avons voulu répondre
au titre de l'album "what we see is not what we wanna see")
une petite surprise attend tous ceux qui achèteront l'album
! :o) Et comme nous voulions ajouter une vision un peu plus dure
à ce deuxième album, nous avons tout simplement
choisi le noir comme couleur principale
Quels sont les groupes qui vous
influencent ?
Nous avons tous les trois des goûts très éclectiques,
qui peuvent aller du Metal, HardCore au Reggae, Jazz etc... A
un moment donné tout ce que tu écoutes t'influences
forcément dans la mise en place d'un titre, son arrangement,
pour un break ou une intro. Voici quelques uns des groupes qui
ont pu nous influencer à un certain moment ou qui vont
nous influencer dans nos prochaines compositions: (hed)pe, Biohazard,
My Own Victim, Downset, System Of A Down, SpudMonsters, Sepultura,
GlassJaw, Vision Of Disorder, Topaz...
Que pensez-vous de la scène
metal en France ?
La scène se porte plutôt bien, des structures se
montent un peu partout, des groupes se voient offrir un véritable
support et certains nom français commencent à percer.
Maintenant dire que toute la scène va bien serait un peu
abuser. Toute la partie Neo Metal va bien, avec des groupes comme
Watcha, Pleymo ou encore Aqme qui marchent et qui ont donc bénéficié
de grosses signatures. Par contre pour tous les styles extrêmes
de la scène Metal, les structures restent encore très
underground. Il faut donc reconnaître que ça va de
mieux en mieux France mais il y encore du chemin à faire
pour que chaque groupe puisse sortir des skeuds dans les meilleurs
conditions et qu'ils puissent rivaliser avec les productions étrangères.
Quels sont vos projets pour l'avenir
?
Pour l'instant nous sommes en pleine période promo et allons
donc assurer un maximum de concerts avec une petite tournée
estivale, et une plus importante de la rentrée jusqu'à
la fin de l'année 2003. D'ici la fin de l'année
nous devrions sortir un split 7" chez 213 Records avec ShallNotKill.
En 2004, nous devrions assurer encore une série de concerts
jusqu'à l'Eté où nous devrions bosser sur
un nouvel opus. Mais d'ici là tellement de choses peuvent
arriver que rien n'est confirmé après 2003 ;o)
Que pensez-vous d'internet ?
Internet est un média fabuleux et surtout pour un groupe
! C'est un peu comme un prolongement d'un album, c'est là
qu'il est possible d'en donner plus, d'offrir ce qui est impossible
à inclure sur un CD et d'établir un vrai contact
avec le public. De plus, de nombreux webzines se sont montés
depuis quelques années permettant à tous d'accéder
à une information gratuite et sincère. Et il faut
souligner qu'Internet est encore le seul média où
les indépendants peuvent rivaliser avec les grosses structures
!
Pouvez-vous nous donner votre avis
sur les fichiers mp3 et les copies de cd ?
Pour moi, les MP3s sont un bon moyen de mettre à dispo
des extraits où certains titres qui ne seront jamais édités.
C'est un outil de promo comme un autre. Pour ce qui est de la
piraterie avec les MP3s ou les copies de CD, il faut établir
quelques nuances... Lorsque le CD n'existait pas, tout le monde
se refilait des copies K7 parce que les vinyles coûtaient
chers et qu'il était impossible de tout avoir. C'est donc
à peu près pareil pour le CD, il s'agit simplement
d'assouvir une passion, personne ne peut acheter tout ce qui sort.
Il faut donc différencier ceux qui vont copier un CD pour
un ami qui ne pourra jamais se l'acheter, et dans ce cas j'aurais
tendance à dire que ça sert plutôt le groupe.
Et ceux qui font du business avec les copies, ce qui n'a rien
à voir avec la passion de la musique. Ceux là doivent
être punis. Mais je pense qu'il est réellement nécessaire
de faire cette différence et de ne pas tomber dans l'extrême
comme ont pu le faire certains groupes ou certains gros labels.
Et pour finir un mot pour mes lecteurs...
Merci à tous les lecteurs des Fils du Metal et à
toi pour votre soutien et rendez vous lors de notre tournée
pour un concert des plus chauds ! :op

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