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INTERVIEW |
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Que signifie Kemet
et pourquoi ce choix ?
Guillaume : Le terme
Kemet se réfère à un concept de l'Egypte
antique, à un désert attractif de par sa beauté
immaculée mais paradoxalement lieu de mort, hostile à
toute forme de vie. Le nom de Kemet a été choisi
en partie pour cette ambivalence, et également plus simplement
pour ses sonorités.
Pouvez-vous vous
présenter ?
Eric : Kemet, groupe
de metal en quête de sens. Enchantés.
Racontez-nous votre
histoire...
Guillaume : Le groupe
est originaire de Lyon et officie depuis 1997 dans une sorte de
métal hybride à la croisée de divers courant
tels que le rock, le dark, le goth et parfois le métal
plus extrême. Nous avons derrière nous 3 enregistrements:
"Pieces..." (démo aujourd'hui sold out, sortie
en 1998), "Dying with Elegance" (premier album sorti
en 2001 chez DeadSun Records) et enfin "The Night Before"
qui est au coeur de l'actualité du groupe. Ce dernier enregistrement
sort actuellement chez Thundering Records.
Kemet regroupe 5 personnes qui partagent la même
volonté d'exprimer l'émotion au travers de leur
musique: deux membres fondateurs (Eric au chant, Vincent à
la guitare), deux "nouvelles" recrues (Serge à
la batterie, Christophe à la guitare) arrivées alors
que la composition de The Night Before était à peine
entamée, et moi-même (Guillaume, basse) intégré
peu après l'enregistrement de "Pieces...", la
démo de Kemet.
Votre musique est
qualifié de "Spleen metal", pouvez-vous nous
donner les ingrédients qui composent votre musique ?
Eric : Ce qualificatif
a été donné par différents journalistes
lors de la sortie de "Dying With Elegance". Sans doute
à cause de nos origines françaises et des influences
littéraires qui transpiraient dans notre musique. Le terme
est visiblement resté. La notion de spleen est intéressante
car elle témoigne bien de la teneur de certains textes
et du sentiment de mal-être que l'on peut ressentir à
l'écoute de Kemet. Par contre, il manque une notion de
puissance dans ce terme : Kemet, c'est aussi des riffs puissants
et des rythmiques aggressives. Le spectre émotionnel exploré
par Kemet va au delà du simple spleen : colère,
violence, dépassement de soi....
Le chant est assez
inhabituel pour du metal, qu'est-ce qui vous a décidé
à avoir cette particularité ?
Eric : Simplement
car nos influences ne se limitent pas à la simple sphère
du metal. Nous écoutons d'autres styles qui à priori
peuvent sembler éloignés du nôtre mais qui
pourtant entrent en raisonnance avec nos propres sensibilités:
trip hop (portishead, massive attack, DJ shadow, etc), brit-pop
(Radiohead, Jeff Buckley) ou certains artistes comme Rob Dougan,
Nick Cave ou Perry Blake. C'est donc tout naturel que la "voix"
de Kemet ne se cantonne pas à ses seules influences metalliques...
Quels sont les groupes
qui vous influences ?
Eric : Pour ma part
et en vrac : Cure, Dream Theater, Morbid Angel, Pain Of Salvation,
Katatonia, Death, Suicide Commando, A Perfect Circle, Anathema,
Dark Tranquility...Je m'arrête là car la liste est
sans fin.
Christophe :
Le rock des années 60 et 70, la scène métal
scandinave, et quelques influences brit-pop.
De quoi parlent les
textes de "The night before" ?
Eric : The night
before traite du thème de l'innocence perdue. L'album dépeint
un mont de désillusions à partir de différents
points de vue : celui de l'enfant que nous ne pourrons plus être,
celui de l'adulte que nous sommes et que nous ne reconnaissons
plus..
Quelle est votre
méthode de composition ?
Eric : Tout le groupe
participe à la composition : les guitares apportent les
idées maîtresses à partir desquelles nous
bâtissons les structures des morceaux, le reste des instruments
vient ensuite se greffer au reste. Mais il n'y a en vérité
pas de recette pré-établie, juste des habitudes
de travail...
Christophe :
Notons aussi sur The Night Before l'apparition de sons électroniques,
une démarche très réfléchie et subtile,
toujours pour soutenir le coté emotionnel ou dynamique
des compositions.
Quels sont vos projets
pour l'avenir ?
Guillaume : Dans
l'immédiat nous souhaitons promouvoir The Night Before
du mieux qu'il se peut, nous espérons donc tourner et faire
un maximum de concerts. Par expérience et peut être
également par superstition, nous ne préférons
pas confirmer de dates tant que rien n'a été formalisé.
Que pensez-vous d'internet
?
Eric : Du bien :
Kemet lui doit sans doute beaucoup.
Pouvez-vous nous
donner votre avis sur les fichiers mp3 et les copies de cd ?
Eric : Du bon et
du moins bon. Du bon car cela permet à tous de découvrir
des groupes ou des styles musicaux qu'ils n'auraient peut-être
jamais au l'occasion d'entendre. Du moins bon pour les labels
indépendants et les "petits groupes" qui ont
besoin de vendre des CD pour vivre...
Par contre, je n'ai pas d'empathie pour les majors.
Puisqu'elles font la pluie et le beau temps sur le marché
du disque, c'est à elles de s'adapter à cette nouvelle
donne et de réagir. Pas à la part du public qui
en a marre de dépenser son argent à manger la soupe
marketée qu'elles nous servent.
Et pour finir un
mot pour mes lecteurs...
Eric : Le refrain
habituel : soutenez les groupes français!!!! Le metal,
votre style musical de prédilection est sur la pente déscendante...

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