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INTERVIEW |
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Tout d'abord, félicitation
pour ce nouvel album qui est une vraie perle, je suppose que vous
en êtes complètement satisfait non ?
Merci du compliment ! Nous sommes très
contents en effet et nous mesurons le chemin parcouru depuis la
création du groupe puis notre premier CD. Côté
compos, oui, nous sommes très satisfaits, mais nous étions
déjà satisfaits de Sacred Fire tu sais ? C’est
plutôt du point de vue de la réalisation que nous
n’avons pas pu faire tout ce que nous aurions voulu, par
manque de moyens, ou simplement par méconnaissance. Etant
autodidactes, nous apprenons en faisant, et forcément,
on fait des conneries ! Certaines sont rattrapables, d’autres
moins… Alors même si nous sommes très contents
de l’ensemble, nous aspirons à faire toujours mieux,
et quelque part, je crois que c’est une bonne chose. Le
jour où nous aurons la sensation de ne plus pouvoir progresser,
dans un domaine ou un autre, je crois qu’il ne nous restera
plus qu’à nous arrêter ! Aujourd’hui,
nous sommes heureux d’avoir fini ce disque. Il est beau,
il sonne bien, il est correctement distribué : nous allons
donc en profiter un peu avant de penser à autre chose.
Et puis les premiers retours que nous en avons sont très
encourageants, alors on va savourer ça quelque temps. Mais
je pense que bientôt nous aurons envie de composer à
nouveau, d’essayer de nouvelles choses et naturellement,
l’envie viendra un jour de mettre tout ça en boite.
Alors nous essaierons de tirer les leçons de Wings of Fire,
de nous améliorer sur ce qui ne nous satisfait pas complètement,
et nous tâcherons de faire encore mieux… Mais nous
n’y sommes pas encore, et en attendant, oui, nous sommes
très satisfaits de l’album. Espérons que nos
auditeurs le sont aussi !
J'ai vu que vous avez investit
dans la construction de votre studio. Pensez-vous que cela devienne
une nécessité pour un jeune groupe ?
Non, pas forcément. Il y a des tas de
studio en France, des professionnels mais aussi des semi-pros
qui travaillent bien. Après, c’est un choix qui appartient
à chacun en fonction de ses moyens, ses aspirations, ses
compétences aussi. Se lancer dans l’enregistrement
demande de la patience, de la persévérance et pour
acquérir la maîtrise des outils, certaines prédispositions
à moins d’avoir eu une formation. Nous avons la chance
d’avoir Olivier qui aime faire ce genre de chose et qui
avait déjà un peu d’expérience dans
ce domaine. Nous avions également la chance d’avoir
un endroit où implanter ce studio. Alors comme nous apprécions
de n’avoir pas de contraintes, nous avons opté pour
la solution du home studio. D’autant que la technologie
actuelle permet de faire des miracles à la maison ! Ceci
dit, nous sommes quand même allés mixer dans un studio
professionnel car cette partie là est vraiment importante
et nous sentions que nous avions besoin de faire appel à
un spécialiste pour tirer le meilleur de notre matériau
de base, à savoir les enregistrements réalisés
par Olivier. Et je crois que c’était la bonne option
au moment où nous l’avons fait. Avec le recul, je
commence à voir les choses différemment. Alors peut-être
changerons-nous d’avis sur le troisième, peut-être
pas… Nous verrons bien ! ?
Quels sont les avantages ainsi
que les inconvénients d'avoir son propre studio ?
Les avantages sont évidents : pas de
pression sur les délais. On peut enregistrer à son
rythme, faire toutes les prises nécessaires, expérimenter
toutes les idées qui nous passent par la tête. C’était
particulièrement pratique pour nous qui avons tous un métier
et ne pouvons nous libérer facilement sur de longues périodes
par exemple. Les inconvénients ? Outre le coût de
tout le matériel, c’est le boulot que ça engendre
pour celui qui joue les producteurs, en l’occurrence Olivier
chez nous. Quand je pense au nombre d’heures qu’il
a passé à travailler sur les chansons, je suis conscient
de ce que lui doit PHENIX. Et puis, je dirais qu’à
force d’avoir la tête dans le guidon, on manque sans
doute du recul d’un producteur extérieur, de l’oreille
avertie d’un professionnel qui peut offrir ses conseils
voire une autre approche de certaines choses. En ce qui nous concerne,
nous avons eu ce point de vue extérieur au moment du mixage,
mais sur certains points, il était trop tard : il aurait
fallu l’avoir au moment de l’enregistrement…
Mais bon, l’avantage, c’est qu’on fait ce qu’on
veut, comme on veut, quand on veut, et ça, c’est
quand même vraiment un luxe !
Bertrand, comme je te l'ai dit
la dernière que l'on s'est vu, ton chant a énormément
progressé, T'as pris des cours de chant ?
Merci beaucoup. Non, je n’ai pas pris
de cours et parfois, je me dis que je devrais car ça me
permettrait d’élargir mon horizon et d’apprendre
d’autres techniques… Je pense que nous avons tous
progressé, et peut-être les compositions sont-elles
aussi mieux adaptées à ma voix. Et puis nous jouons
ensemble depuis quatre ans maintenant, presque toutes les semaines
et plusieurs fois par semaine avant les concerts. Je pense que
cette pratique régulière n’est pas étrangère
à cette évolution, et puis je suis toujours très
attentif quand j’écoute mes idoles et je m’inspire
de ce qu’ils font pour apprendre à travers eux…
Lors de notre dernière interview
vous m'aviez parlés d'une chanson intitulée Prowling
spirits, elle ne figure pas sur Wings of fire. Que s'est-il passé
?
Et bien simplement, quand nous avons essayé
de la mettre en place, nous avons tous convenu qu’elle ne
fonctionnait pas et nous l’avons abandonnée. C’est
dommage car c’était une chanson que nous avions commencé
à esquisser avec Sébastien bien avant PHENIX. Et
c’était peut-être là le problème,
c’était une chanson que nous avions composée
alors que nous débutions, et si elle nous paraissait bien
à l’époque, elle nous est apparue trop faible
aujourd’hui. Elle restera dans un tiroir et personne n’entendra
jamais l’histoire de ces esprits rampants ! ?
Sur la magnifique pochette de Wings
of fire ont retrouve 2 éléments qui figurent aussi
sur la 1ère pochette. Le phénix bien sur mais aussi
l'espace. Je suppose que ça un rapport avec les textes
?
Ca en avait un surtout pour le premier à
cause de Journey through Space notamment, mais aussi avec The
Endless Quest. En effet, l’histoire du ‘’voyageur
éternel’’ qui est relatée dans cette
chanson l’amène à traverser la galaxie. En
fait, je me suis toujours imaginé ce personnage comme une
sorte de Surfer d’Argent, tu sais, ce gars déprimé
qui erre sans arrêt sans but réellement compréhensible
par nous autres, simples mortels ! ? Du coup, pour le deuxième
album, on a eu envie de garder cette symbolique de l’espace
car visuellement, ça rend vraiment bien. Et puis il y a
quand même la suite de The Endless Quest… Quant au
phénix, oui, on souhaitait aussi qu’il apparaisse
de nouveau, mais en plus gros cette fois. Alors pourquoi ne pas
mêler les deux : nébuleuse et phénix. Nous
avons conçu le design de l’album avec un ami mais
nous lui avons laissé carte blanche pour toutes les illustrations
et nous ne le regrettons pas ! Il a beaucoup de talent et nous
sommes très heureux qu’il participe à sa façon
à l’aventure PHENIX. C’est en quelque sorte
le sixième homme, celui qui nous aide à bâtir
notre identité visuelle. Au chapitre des éléments
qu’on ne retrouve pas d’une pochette à l’autre,
c’est le personnage qui lui, a disparu. Ce personnage est
pour moi la représentation du Gardien du Feu Sacré,
mais si tu cherches bien, tu le trouveras quelque part dans l’album
(toge de bure et épée sont ses attributs !) et tu
trouveras du même coup le dessinateur qui met si bien en
image notre oiseau fétiche !
Le titre épique The quest
goes ever on est la suite de The endless quest. On voit sur le
livret qu'il y aura un 3ème volet. Pourquoi ne pas avoir
fait un album qu'avec cette saga puisqu'il semblerait que ce soit
un concept ?
Et bien déjà, si tu regardes attentivement, tu verras
que rien n’est moins sûr concernant un troisième
volet puisqu’il est écrit : ‘’To be continued
?’’ avec un point d’interrogation ! ? Sébastien
a frappé un grand coup avec ce morceau qui monte en puissance
jusqu’à un final que j’aime beaucoup pour ma
part. Nous ne ferons pas une suite à tout prix car si elle
doit exister, il faudra qu’elle apporte quelque chose de
plus. Si Sébastien arrive à trouver quelque chose
de vraiment bien, alors pourquoi pas, mais en tous cas, ce n’est
pas un objectif de faire une troisième partie. Si ça
vient naturellement, on le fera, sinon, ma foi, on en aura déjà
fait deux ! ? Quant à un concept album, c’est une
idée qui a circulé un temps chez nous mais pour
l’instant, personne ne se sent vraiment de se lancer là-dedans,
je veux dire pour de bon… L’idée du concept
album nous plait à tous mais c’est quand même
casse-gueule ! Il n’est pas exclu que si on trouve un thème
et suffisamment de musique qui colle à ce thème
pour en faire un concept, on le fasse. A vrai dire, c’est
le genre de challenge qui ne serait pas pour nous déplaire.
Mais disons que comme pour le troisième volet de la Quête
Sans Fin, on le fera si on le sent, mais on n’en fera pas
un objectif à tout prix. Qui vivra verra, donc. Pour l’instant,
nous n’avons pas encore recommencé à composer
ensemble, même si quelques uns d’entre nous ont déjà
un peu de matériel de côté…
D'ailleurs peux-tu nous décrire
les autres chansons de votre nouvel album ?
The Pilgrimage est l’introduction à
la chanson suivante : Babylon. Le vent souffle, ferme les yeux
et imagine les dunes de sable à perte de vue. La nuit est
claire et la lune, pleine, brille à son zénith.
La caravane progresse sur une piste en direction de la légendaire
cité de Babylone. Le chœur des prêtres de Marduk,
le dieu protecteur de Babylone, chante sa gloire et célèbre
Etemenanki, la mythique Tour de Babel…
De par ses accents orientaux, le thème de Babylone m’est
très vite venu. C’est sans doute cliché mais
pour moi, il y a des symboles forts pour représenter le
Moyen Orient : Babylone dont les ruines gisent non loin de l’actuelle
Bagdad en est un. On aurait aussi pu choisir les pyramides, mais
pour moi, la cité mythologique s’est imposée
d’emblée alors nous n’avons pas cherché
plus loin. La chanson raconte l’histoire d’un pèlerin
qui se rend dans cette ville dont les jardins suspendus sont parmi
les Sept Merveilles du Monde. Son voyage à travers le désert
doit le conduire au sanctuaire du dieu qu’il vénère
: Marduk, le protecteur de Babylone. Afin de donner un plus de
saveur au texte, j’ai fait quelques recherches sur la cité
et son histoire, et une synthèse de ces recherches est
disponible sur notre site (www.phenixmetal.fr.st)
dans la section Inspis.
FireWings, la chanson titre de l’album, est une chanson
qui aborde les thèmes les plus classiques du Heavy Metal
et touche évidemment aux éléments qui caractérisent
le Phénix, notamment le Feu. J’aime écrire
ce genre de textes. Outre le fait que c’est assez simple
à écrire, j’aime les chanter. Et puis ça
colle au style. A vrai dire, je ne me vois pas écrire une
chanson sur l’évolution des cours des balais en soies
de porc importés du Bhoutan !!! ?
Trial by Fire est une chanson hommage. Hommage à la musique
que nous préférons et aux groupes qui l’ont
faite. Outre que la musique pourra aisément trahir nos
influences, je me suis amusé à mettre dans les paroles
des références à des groupes et à
des standards du genre. Je laisse les auditeurs jouer à
les trouver toutes !
The Fifth Dimension a été difficile à écrire
mais le résultat me satisfait pleinement. Il m’a
d’abord fallu un peu de temps pour trouver des lignes de
chant et puis ensuite, le thème m’a été
soufflé par Olivier. Il avait vu une émission on
l’on parlait de la cinquième dimension. « Tiens
! Si on faisait une chanson là-dessus ! » Pourquoi
pas, mais c’était quand même un peu vague,
et je ne me voyais pas exposer la théorie quantique des
dimensions parallèles dans une chanson de Heavy Metal !
Mais cette histoire de dimension au-delà de l’espace
et du temps m’a rappelé une nouvelle de H.P. Lovecraft
que j’avais lue il y a longtemps : les Chiens de Tindalos.
Ces créatures extra-planaires qui vivent dans une autre
dimension pénètrent dans notre univers par les coins
! Voilà un concept intéressant et comme j’ai
toujours été fan du Mythe de Cthulhu dans son ensemble,
j’ai pondu l’histoire d’un homme qui a découvert
la vérité sur la cinquième dimension et ses
habitants, et qui bien sûr fini par perdre l’esprit,
et la vie… J’ai aussi développé ce thème
dans la section Inspis de notre site…
Blood in the Arena est une chanson plutôt hargneuse et
j’ai proposé le thème du gladiateur. Il s’agit
de l’histoire d’un homme contraint de se battre dans
l’arène et à qui l’on promet la liberté
s’il se bat bien. Il devient le héros des Jeux du
Cirque mais comme toujours, il finit par tomber sur plus fort
que lui, et évidemment, le jour de son dernier combat.
Il vécu par l’épée, il mourut par l’épée…
Rebellion est la seule chanson ‘’engagée’’
que nous ayons écrite depuis la création de PHENIX.
A vrai dire, nous avons toujours souhaité rester dans le
domaine du divertissement, nous gardant de textes à la
Trust et consorts. Mais un jour, j’étais tellement
gavé par ces conneries de Star Ac’ et autre Loft,
par les médias en général et les politiques
aussi, que j’ai eu envie de mettre ça dans une chanson.
Ca dit simplement que les médias ont remplacé la
religion dans notre civilisation moderne : ils nous maintiennent
dans l’ignorance et la peur pour mieux nous asservir, et
nous extorquer notre pognon ! Notre seule parade reste notre esprit
critique, et c’est malheureusement bien peu face au rouleau
compresseur de la communication de masse et de tous ceux qui s’en
servent à leur unique profit…
Time to Live, comme Face my Fate sur le premier album, aborde
un thème qui m’est cher : que la vie est courte et
qu’il faut en profiter. J’ai toujours eu la sensation
que je n’aurais pas le temps de faire tout ce que je voudrais,
et au début, j’avais tendance à me gâcher
le moindre plaisir de peur de le perdre. Alors j’ai fait
des efforts sur moi-même et à présent, j’arrive
à mieux profiter de ce que j’ai, du moment présent.
Je n’y arrive pas encore toujours, mais j’ai progressé
et le message de cette chanson est ce que je m’applique
à faire chaque jour : faire le maximum pour atteindre ses
rêves mais toujours profiter pleinement de ce qu’on
a !
The Last Ride aussi m’a donné du fil à retordre.
C’est Olivier qui a suggéré l’histoire
de ce motard qui après une fête trop arrosée
se prend pour le dieu de la route mais rencontre un mur plus dur
que lui. Nous sommes tous les deux motards et nous vivons cela
comme une véritable passion, mais en même temps,
nous sommes aussi prudents que possible car nous espérons
faire de la moto encore très longtemps. C’est si
facile de tout foutre en l’air pour une connerie !
Guardians of Metal est partie d’une boutade. Les Guardians
existent, je les ai rencontré ! ? Ce sont deux personnages
hauts en couleur dans notre petit monde du Metal français,
ce sont avant tout des fans comme j’en connais peu, et surtout
des personnes volontaires, passionnées, et qui donnent
tout pour leur passion. D’ailleurs, ils organisent depuis
deux ans un festival à la Laiterie de Strasbourg et j’espère
qu’ils arriveront à pérenniser cet événement
car ils y mettent une énergie incroyable et franchement,
ils le méritent ! On discutait un jour ensemble et je leur
ai demandé : « mais au fait, y a pas de chanson qui
s’appelle Guardians of Metal !?! » Alors on a cherché
: il y a des Warriors of Metal, des Guardians of the Blind, des
Defenders of Metal et sans doute toutes les variations sur ce
thème mais on a pas trouvé de Guardians of Metal.
Du coup, j’ai dit que j’en ferais une. Connaissant
leurs goûts musicaux (qui rejoignent les miens assez souvent),
j’ai rapidement pondu une musique qu’il m’a
ensuite été facile d’habiller de paroles de
circonstance qui ont l’avantage de pouvoir être comprises
par eux de façon tout à fait personnelle mais également
de regrouper une série de clichés Heavy Metal comme
on les aime ! Je leur ai d’abord fait une maquette qu’ils
ont eu rapidement il y a déjà plus de deux ans,
début 2002 je pense, peut-être même un peu
avant, je ne sais plus trop, mais bien avant qu’on parle
d’enregistrer un deuxième album de PHENIX ! C’était
dans les cartons mais je pensais que les autres membres du groupe
ne l’apprécieraient pas alors elle est restée
longtemps à l’état de maquette connue seulement
des Guardians et de moi-même. Et puis un jour, je leur ai
fait écouter et contre toute attente, ils ont dit banco
! On l’a jouée la première fois au deuxième
concert qu’on a donné avec KILLERS, le 14 décembre
2002. C’était une surprise même pour le groupe
car on avait pas prévu de la jouer, on la bossait seulement
depuis quelques jours… Mais les Guardians étaient
dans la salle, l’ambiance était à la fête,
alors je leur ai proposé de la faire et on s’est
lancé. Et elle a plu au public d’emblée. Alors
on a décidé de l’enregistrer aussi et j’en
suis vraiment très content. A défaut d’être
originale, elle a été faite avec cœur et célèbre
une véritable amitié !
Enfin, The Road Goes Ever On est bien la suite de The Endless
Quest. Elle reprend l’histoire du Voyageur Eternel là
où on l’avait laissée sur le premier album.
Il cherche toujours un sens à sa vie et parcourt sans relâche
l’immensité sidérale en quête de réponses.
Mais bientôt, il se rend compte que la question lui échappe…
Et finalement, il entrevoit que son éternité est
en fait une malédiction, que ce qui donne un sens à
la vie, c’est la mort, et l’amour aussi… Une
fois cela compris, il lui semble renaître et il voit sa
vie sous un jour nouveau. Il sait maintenant ce qu’il cherche
et du coup, sa quête pourrait bien s’avérer
ne plus être sans fin… Tout cela n’est qu’une
allégorie de ce que j’évoque aussi dans Time
to Live par exemple : à quoi bon chercher l’impossible
alors que souvent on a sous les yeux de quoi être heureux.
Et une fois cela réalisé, il faut en profiter et
vivre à fond les événements, ses relations
avec autrui…
Vous reprenez Still of the night
de Whitesnake, pourquoi ce titre plus qu'un autre ?
Pour plusieurs raisons. D’abord parce que tout bêtement
nous aimons cette chanson que nous trouvons tout bonnement fantastique,
et que nous aimons la jouer. Nous avons fait notre possible pour
lui rendre hommage au mieux et nous n’avons pas la prétention
d’y être arrivé. Après tout, comment
égaler la performance de l’originale ? Mais c’est
notre façon d’exprimer notre admiration, notre dévotion,
en toute humilité. Et puis c’est vraiment génial
de l’interpréter ! Ensuite, je dirais que parmi nos
idoles, quelques noms font l’unanimité : DEEP PURPLE
et BLACK SABBATH, DIO et WHITESNAKE notamment. Et Still of the
Night nous a semblé parfaitement faire la synthèse
entre le Hard Rock et le Heavy Metal. Nous même balançons
entre les deux, même si nos compos sont plus Heavy, nos
reprises sont souvent Hard Rock. Il y a tout dans cette chanson
: du groove très blues rock, un putain de riff Heavy qui
déchire la tapisserie, un break planant pour ainsi dire
prog, un solo de feu, des mélodies à tomber ! C’est
chanson est vraiment géniale alors notre choix s’est
porté sur elle. Et puis ça tenait quand même
un peu du défi, il faut bien le dire, alors ça nous
a motivé de le relever. J’espère sincèrement
que si un jour, David Coverdale ou John Sykes viennent par hasard
à poser l’oreille sur cette reprise, qu’ils
entendront à travers notre interprétation toute
la gratitude que nous avons pour eux qui ont donné à
notre style musical bien aimé un tel monument ! Respect…
Vous avez rempli le cd avec vos
13 chansons. Avez-vous mis toutes les chansons que vous aviez
de disponibles ou il vous en reste pour le prochain ?
Non, nous avons mis tout ce que nous jugions
digne de figurer sur un CD. Comme nous en avons parlé,
certains titres comme Prowling Spirit ont été écartés.
Mais aucune chance qu’ils apparaissent sur un prochain disque.
Quant à d’autres chansons, et bien Sébastien
m’a fait écouter quelques unes de ses idées
et j’ai moi aussi quelques titres que je proposerai à
PHENIX ainsi qu’un concept sur lequel je travaille depuis
longtemps mais dont j’ignore si je parviendrai à
le finir un jour et si nous l’enregistrerons avec PHENIX
ou sous un autre nom, car le style ne correspond pas forcément
au groupe... Certaines de ces idées datent d’avant
l’enregistrement de Wings of Fire, mais nous ne les avons
pas encore travaillées tous ensemble…
Peux-tu me donner votre avis sur
les fichiers mp3 ainsi que sur les copies de cd ?
Bah ! Que dire ? Sont-ils la cause de tous les
maux qui frappent l’industrie du disque ? Je n’en
sais rien à vrai dire. Pour ma part, j’ai toujours
préféré avoir des originaux car je suis collectionneur
et j’aime posséder le vrai disque, pas une copie.
Malheureusement, cela limite forcément ma collection, mais
tant pis, c’est un choix. Je sais que tout le monde ne réagit
pas pareil… La seule chose qui est sûre, c’est
que les petits groupes comme nous pâtissent de la baisse
générale des ventes de CD. Faire un CD coûte
très cher et sans parler de gagner de l’argent, l’amortir
tient déjà de la gageure. Une grande partie de notre
financement vient des concerts, et non pas de nos ventes. Ce qui
est sûr donc, c’est que seul les plus motivés
continueront à faire des disques, mais surtout qu’il
sera bientôt plus rentable de diffuser la musique sur le
net, sans support physique, plutôt que de presser des CD,
car si c’est pour ne pas en vendre ou trois fois rien !
?
Alors les mp3 payants, pourquoi pas ? Maintenant, la copie, ça
a toujours existé. Mais à l’époque
des cassettes audio, pour copier, il fallait connaître quelqu’un
qui avait acheté le disque. Et puis la qualité n’était
pas super… Maintenant avec le net, il suffit qu’un
gars qui a reçu un CD promo le mette en ligne et dans l’absolu,
le monde entier peut se le procurer : donc si on pousse à
l’extrême, le CD en question peut même ne pas
avoir été vendu à un seul exemplaire et se
retrouver quand même en possession de milliers de personnes
!!! Ca fait peur, non ? ? D’autant qu’avec les moyens
actuels, tu graves du numérique d’une excellente
qualité, tu peux imprimer des pochettes presque aussi bien
que les originales, et donc avoir un produit d’excellente
facture à moindre coût. C’est clair que ça
donne à réfléchir sur notre avenir et l’avenir
du disque ! Alors suffit-il de légiférer pour enrayer
ce phénomène. Je ne crois pas. Je continue à
dire que je suis contre mais cela changera-t-il quoi que ce soit
? Je crois surtout que beaucoup d’entre nous, groupes et
labels, vont disparaître dans les 5 ou 10 années
à venir si rien n’est fait. ? Mais qu’il restera
toujours quelque chose qu’on ne pourra jamais copier : ce
sont les concerts !
Et pour finir un mot pour mes lecteurs
?
Merci à tous ceux qui sont arrivés
au bout de cette interview fleuve : je suis un intarissable bavard,
surtout quand on me parle de PHENIX !!! ? Au nom du groupe, je
voudrais remercier ceux qui nous soutiennent et qui soutiennent
la scène française, qui font encore l’effort
d’acheter des CD et d’aller aux concerts. N’abandonnez
pas, garder la flamme et continuez à faire vivre la musique
que nous aimons tant. Sans vous, nous ne sommes rien, mais grâce
à vous, notre existence en tant que groupe à un
but ! Alors à bientôt à un concert ou ailleurs…
METAL RULES !

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